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UNE VERITABLE CONTRADICTION ENTRE COURT ET LONG TERME« Il y a contradiction entre le long terme dont nous avons besoin et le court terme que nous jouons trop vite. Le long terme répond toujours à un besoin, le court terme à un mode de vie. Qu'est-ce que le long terme? Qui peut le prévoir? Il y a cinquante ans encore, un actif sur deux en France était agriculteur. Aujourd'hui, il n'y en a plus que 2%. […] Qui l'aurait prévu alors que le monde agricole était constant depuis le néolithique ? Autre exemple: il y a quinze ans, tous les ingénieurs prédisaient l'envahissement de notre quotidien par la robotique. La ménagère aurait à sa disposition un robot qui ferait tout: descendre la poubelle, préparer à manger, amener les enfants à l'école… La robotique n'est jamais venue. Ce fut l'informatique et les nouvelles technologies. C'est ce qui me gêne sur ces deux notions. » Michel Serres, Philosophe et membre de l'Académie Française Virtuel ou réel ?![]() Cinq ans en arrière, une banque ou une assurance, c'était avant tout une agence, un conseiller, une relation de confiance et un rapport privilégié touchant à l'intimité des gens, leurs projets, leurs espérances, leurs craintes. Le monde des transactions électroniques est venu bouleverser un paysage jusque-là bien établi. Le consommateur achetant désormais sans réticence et sans crainte sur Internet jusqu'à sa maison, il ne peut plus être appréhendé comme avant. Sa banque ou son assurance sont à son image: mobiles, flexibles, compétitives, et garantes de ses droits, de sa sécurité, de son patrimoine. Plus que jamais, le rôle de tiers de confiance associe la banque ou l'assurance aux produits ou aux services souscrits. La présence indispensableLe virtuel va vite: on ouvre un compte, on crédite un porte-monnaie virtuel, on achète, on consulte, on place, on s'assure, on vit l'instant. Mais le réel favorise le contact, la discussion, la gestion du litige, du risque, de l'imprévu, du long terme. Les "pure player" nés de l'Internet expérimentent cette facette et commencent à installer leurs premières agences terrains. A l'inverse, leurs aînés se dotent des relais Internet obligatoires et investissent de nouveaux réseaux sociaux tels que Second Life ®. Les nouveaux marchésA une époque où la comparaison devient l'affaire d'un simple clic, l'association du produit ou du service avec son financement et son assurance sont non seulement prévisibles mais attendus par le consommateur. Il était logique de s'abonner à des services purement virtuels (le programme satellite ou ADSL); il devient légitime de souscrire un contrat automobile qui prend en charge le financement et l'assurance du véhicule, mais aussi son entretien, ses réparations éventuelles, son changement par un autre, et son recyclage à terme. Les bornes interactives![]() Ancrées dans le monde physique, elles sont la connexion vers tous les services en ligne dont les clients d'aujourd'hui sont adhérents, ou le seront d'ici peu. Pour les banques et assurances uniquement présentes sur Internet, la borne n'est ni plus ni moins qu'une agence à installer clé en main, n'importe où du moment que cela fait sens, pour un prix incomparable. Pour tous est posé le défi des nouveaux marchés: financer les achats directement sur les lieux de vente, créditer les comptes virtuels avec l'argent liquide déposé dans les bornes, proposer des assurances, des placements ou des services en adéquation directe avec le lieu et le profil du client… La frontière entre réel et virtuel est abolie dès lors que la borne est comprise comme passage légitime d'un univers à l'autre et nécessité du monde moderne. | |